Cette affirmation est le titre de l’exposition qui se déroule du 2 juin 2016 au 2 janvier 2017 au Musée d’Art et d’Industrie de Saint-Etienne. “Le ruban, c’est la mode”, nous invite à découvrir le ruban (pièce incontournable de la mode depuis le 16°siècle jusqu’à nos jours) à travers la création rubanière stéphanoise et ses savoir-faire.
Il faut savoir qu’au MAI (Musée d’Art et d’Industrie) de Saint-Etienne, il y a 3 collections permanentes qui occupent chacune un niveau du Musée : les armes, les cycles et les rubans, témoignant des innovations techniques et du savoir-faire stéphanois, en quelque sorte, les racines du design.
En attendant que vous veniez faire un tour, je vous propose de partager quelques moments de ma visite :
On commence la visite par une salle présentant des chapeaux, chaussures et costumes richement ornés de rubans, Marie-Antoinette en était folle!
Puis un tour de France montrant les beaux rubans fleuris qui ornaient les costumes folkloriques portés par les alsaciennes, les arlésiennes, …
J’adore les présentoirs d’échantillon de l’époque, c’est une œuvre d’art! Celui-ci (tresses et lacets) date de 1839, de la fabrique Richard Frères, Saint-Chamond (Loire).
Les superbes grands livres d’échantillons, rassemblant les rubans réalisés dans les fabriques de la région. Sur celui-ci, des rubans de Lyon.
Un peu de technique sur le process Jacquard. Le motif est reproduit en grand, c’est la mise en carte, une sorte de pixellisation du dessin où chaque carré correspond au fil et à la trame. L’étape suivante va consister à créer les cartes perforées qui seront le « programme » du métier Jacquard.
Saint-Etienne était la capitale du ruban. Grâce à l’invention de Jacquard qui automatisait la fabrication, un ouvrier pouvait gérer seul la production de plusieurs rubans sur son métier. La ville a vu fleurir de nombreux ateliers indépendants : les maisons des passementiers. On les reconnaît à leur architecture très particulière, de hautes fenêtres qui correspondent à un étage et demi. La maison était composée d’une pièce où était installé le métier donnant côté jardin et des pièces à vivre côté rue.
J’ai moi-même habité durant quelques années dans un atelier de passementier, rue Denis Epitalon, exactement comme celui en photo. Ça m’a replongée quelques années en arrière, je me rappelle qu’en rénovant la grande pièce, j’avais découvert l’ossature en bois et sous l’enduit farineux du mur, les annotations au crayon de papier datant de l’époque…
On peut rester des heures devant les liasses de rubans… il y en a plein les tiroirs dans la collection permanente.
Ne trouvez-vous pas ces rubans terriblement tendance? Ils proviennent de la maison Staron, Saint-Etienne, vers 1900-1930. Avant-gardistes, les rubans Staron éclatent de couleurs, mêlent des textures nouvelles et témoignent encore aujourd’hui d’une grande modernité.
A propos de tendances mode, voici un outil marketing efficace, la planche utilisé par les commerciaux pour vendre leurs articles, montrant les différents emplacements des rubans. Ca donne des idées de créations!
Un petit tour du côté des gros-grains utilisés pour les médailles, les lacets, les bandes élastiques, etc. Ces dernières ont d’ailleurs fait la renommée d’industries stéphanoises qui actuellement poursuivent la fabrication et l’exportation de produits innovants.
On apprend toujours des choses dans les expositions, et pour ma part, je ne connaissais pas le « monte-jupe » et notamment ce fameux OTOJUP qui décrit si bien ses avantages dans sa plaquette commerciale!
Encore une dernière salle… on finit en beauté avec des vêtements de haute couture créés par des couturiers contemporains qui exploitent le ruban comme matière première. J’ai sélectionné cette pièce car quand j’étais étudiante, j’avais récupéré un grand sac rempli de rubans de satin de toutes les couleurs et je m’étais confectionnée un bustier avec ce même principe de tissage. Hyper fragile, je crois que je ne l’ai porté qu’une seule fois!
Et voilà! Une très jolie exposition à découvrir, richement documentée de pièces uniques, peintures, gravures, photographies sans oublier les écrans pour visionner des reportages.
Et pour finir, on peut repasser au rez-de-chaussée pour voir les vrais métiers jacquard en fonctionnement.
Je ne le savais pas, mais le MAI de Saint-Etienne abrite la première collection mondiale de rubans!
Plus d’info sur le site: www.musee-art-industrie.saint-etienne.fr